
Le monde du football professionnel est ainsi fait : le seul talent suffit rarement pour jouer les tout premiers rôles. Alors oui, nous en avions et à revendre ! Mais bon, pas suffisamment pour monsieur GrosRapace, le gestionnaire de nos comptes à l’agence du Crédit Du Nord à côté d’A Tabago. Un gros porc qui n’aimait pas le ballon rond et encore moins les jeunes.
Nous avons donc tout fait et même plus :
- Le changement de nom du club pour nous faire offrir les shorts,
- L’invention avant l’heure de l’opération Pièces Jaunes, en collectant les pièces de 5, 10 et 20 centimes (ok, ce n’était pas pour les Hôpitaux de Paris, mais pour jouer au loto sportif. Et alors, on ne peuvaitt pas viser grand, à nos âges?)
- L’extorsion de fonds auprès d’honnêtes donateurs auxquels nous faisions croire à la déduction fiscale (rappelons ici que tout le monde a le droit à l’erreur, que nous étions jeunes et n’avions pas encore terminé nos études en grand banditisme)
Il ne nous restait plus qu’à nous faire passer pour une grande Ecole, ce qui était, d’une certaine façon, totalement exact, et à nous lancer dans les vrais-faux galas étudiants. L’Inter 6, après tout, n’était-ce pas l’Inter Sixième Paris, autrement dit l’ISP, grande Ecole s’il en est ?
Pour bénéficier de sponsors, de médias partenaires et de l’appui de la mairie, nous avions décidé pour une fois de dire la vérité : le Club organisait une grande soirée étudiante pour se faire connaitre, accueillir de nouveaux joueurs et accessoirement gagner un peu d’argent, honnêtement pour une fois. Les discussions avec Ricard, la mairie du 6ème et la radio locale 95.2 FM ont été dignes de majors des plus grandes écoles de Commerce, ou plutôt des Tontons Flingueurs. Ricard n’a jamais autant vendu de whisky Clan Campbell, la SACEM a expérimenté pour la première (et dernière) fois la libre diffusion de musique et de clips contre de la promotion commerciale de leurs annonceurs, nous avons pu négocier avec Nagui (qui avait déjà un melon frisant la pastèque) l’animation de la soirée par un autre nimateur de la radio (Laurent Boyer) et la promotion à l’antenne en échange de la présence du logo 95.2 FM sur nos affiches.
Si Olivier Jouanne regrette encore aujourd’hui l’absence de tables de jeu, si Daro n’a toujours pas digéré notre refus de le faire entrer gratuitement, si Philippe Sohier a pu démontrer qu’il était possible de boire 40 demis l’après-midi puis passer la soirée au bar, c’est un autre sujet qui a intrigué le fisc : notre système de revente aux membres du club de tout l’alcool offert par Ricard et non consommé lors de la soirée. Certes de vagues écrits ç l’authenticité contestable demeurent, mais n’étaient-ce pas uniquement de simples projets ? D’ailleurs, aucun témoin n’a parlé avant de décéder fortuitement, aucun douanier suisse n’a pu trouver la moindre preuve que les valises passant la frontière contenaient le produit des ventes. Même si elles sentaient très légèrement le Ricard, et alors ?

Incroyable d’avoir conservé toutes ces archives avec les anecdotes sur la nuit ISP.
Cette nuit-là est encore gravée dans ma mémoire.
Une sacrée bande de pieds nickelés imaginatifs et fins négociateurs.
Pas d’archives pour la nuit du 14 ?
Inter 6, acteur incontournable des nuits Parisiennes des années 80 !
Merci, La Poup’ ! Inter6, the best sur et en-dehors des terrains, à jeûn (celà nous est arrivé, je crois. 🤩
Quant aux archives, c’est le principe de notre site que de recueillir celles des uns et des autres, donc maybe one day…