Dans des années 80, le succès du Minitel n’est pas seulement rose, il est aussi bleu et blanc. De Rio à Amsterdam, de Rome à Dakar, de Liverpool à Buenos Aires, l’Intermania déferle sur le monde. En 1989, la planète se prépare à la coupe du monde qui se déroulera en Italie l’année suivante. Ayant fait le tour des subtilités techniques du football latin, l’Inter 6ème décide de se tester face aux autres formes de football. Ce sera donc cap sur Aberdeen, où réside momentanément l’un des gardiens réservistes du club. Un cortège assourdissant ouvert par la Garde Républicaine prend la route. 1.000 cars regroupent joueurs, certaines de leurs compagnes méfiantes des suites des 2 soirées festives prévues sur place mais surtout attirées par le houblon et le malt,et 970 ultras quittent Paris au petit matin. 26 h de route aller, autant au retour : les séances tactiques sur téléviseur permettent d’affiner les schémas, d’apprendre à certains que la tête sert aussi à frapper le ballon et surtout de repérer les distilleries. Seule la Loi Evin empêchera la signature d’un contrat publicitaire particulièrement juteux avec Glenfiddich.
Si d’immondes fake news écossaises font état d’un score-fleuve sur un billard, chacun se souvient surtout d’un tournoi en salle. Plus simple d’aligner les sprints de 10 m que de 100, de jouer des matches de 2 x 4 minutes plutôt qu’en 2 x 45 ! Râteaux – petits ponts, passes aveugles, mains dans les slibards adverses pour être les premiers sur corner, toros interminables pour conserver le score : toute la palette des Français y est passée. La French touch a tout emporté sur son passage, dans une ola ininterrompue, des milliers d’Ecossais chantant la Marseillaise à tue-tête. Jusqu’à la finale où, fidèles à la culture chevaleresque vite apprise dans le car, nous laissâmes la victoire à nos hôtes. La grande classe jusqu’au bout !
Pour finir, saluons avec respect le chauffeur du car qui, arrivant devant le pont étroit et bombé qui nous conduisait à un château hanté, nous fit descendre pour alléger le car. Il réussit à franchir le pont au ralenti, puis descendit pour féliciter son car qui l’avait bien mérité, lui frappant les flancs du plat de ses mains, accompagnant ses gestes d’un vibrant « Bien joué, ma cochonne ! ».
